Bad buzz Ikea 2 – exo 3 : Thierry

Ikea aurait espionné ses salariés et clients

La filiale française du groupe suédois aurait monnayé des fichiers de la police ou des opérateurs mobiles (jusqu’à 80€) afin de tout connaître de ses employés et même de certains clients. Le groupe lance une enquête.

La maison Ikea serait particulièrement bien gardée! Le fabricant de meuble aurait en effet mis en place un système d’espionnage afin de tout connaître de ses employés mais également de ses clients, rapporte le Canard Enchainé. La filiale française du groupe suédois n’aurait en effet pas hésité à monnayer des fichiers de la police nationale via l’entreprise privée Sûreté International spécialisée dans la sécurité.
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Dans un communiqué, le groupe d’ameublement assure travailler «avec honnêteté et transparence quelque soit le pays où nous exerçons nos activités. Le respect de la vie privée des personnes compte parmi les valeurs les plus fortes du groupe et nous désapprouvons vigoureusement toute pratique portant atteinte à cette valeur».

«Nous prenons la parution de ces accusations très au sérieux», ajoute cependant le groupe qui annonce le lancement d’«une enquête avec l’aide de conseillers indépendants pour obtenir la vision la plus complète de ce qu’il s’est passé dans les faits».

Le Canard Enchainé reproduit une série de courriels explicites entre le directeur de la gestion du risque d’Ikea France, Jean-François Paris, et des responsables de sociétés spécialisées dans la collecte de données privées. L’un de ces courriers intitulé «objet: accord Stic» prouve que le groupe suédois s’est procuré les informations sensibles et en théorie réservées à la police nationale. De fait, le Stic est un fichier détenu par les services de police qui rassemble des informations relatives à tous les individus impliqués dans une infraction (auteurs présumés et victimes) et interpellés par la police. La Cnil a toutefois sérieusement mis en doute la crédibilité de ces informations. Mais qu’importe, la société n’a pas hésité à se procurer ce fichier en échange de confortables rémunérations. À la question de la société privée: «Que te proposer de plus et de mieux que 80 euros par consultations équivalentes à celles du Stic? Je te souhaite un bon Noël», le responsable risque chez Ikea a répondu d’un cinglant «Vendu!».

Les représentants syndicaux veulent porter plainte

Les échanges démontrent en outre qu’Ikea France a régulièrement demandé à la société de sécurité des informations très précises sur ses salariés ou des clients. Ainsi, Ikea a demandé aux officines de sécurité: «Personne en embauche sur le magasin de Paris Nord. Merci de me donner son casier». Autre demande du groupe: «Son discours est antimondialiste, ses méthodes “vieille garde CGT” (se bouche les oreilles et repetent sans cesse la meme chose concernant ses acquis). Syndicalisme? correspond pas trop au profil de sa dame. Prosélytisme divers? ATAC ou autres? Risque de menace ecoterroriste?». Le groupe a également cherché à prendre connaissance de cartes grises, permis de conduire, ou encore des opérateurs de téléphonie mobile. Les clients n’ont pas été épargnés par ces pratiques d’espionnages peu scrupuleuses. Le groupe a ainsi enquêté sur ses clients notamment en cas de litige commercial.

Et les salariés comptent bien se défendre. Les avocats Yassine Yakouti et Sofiane Hakiki vont défendre les intérêts des représentants syndicaux qui veulent porter plainte. Au micro de France info, Yassine Yakouti souligne notamment qu’il s’agit «d’un cas unique en France». La question est également de savoir comment la société Sureté International a pu se procurer les fichiers secrets de la police. Par ailleurs, une association de victimes a été créée.

Seule certitude, l’information risque de porter atteinte à la réputation du géant du meuble qui vante ses méthodes de gestion éthique. Le modèle a toutefois déjà été ébranlé à plusieurs reprises. Dernier événement en date, cet été, des salariés d’un magasin installé en Virginie, aux États-Unis, avaient dénoncé un «management digne des plantations». Et après la parution en 2010 d’un livre choc sur le groupe, qui dénonçait les méthodes de management mais également une mise sous surveillance des employés, la nouvelle affaire française risque encore de faire des vagues.

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